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Fin de grossesse et mauvaise nouvelle pour mon amie Pâquerette

Coucou !

voilà…j’arrive sur la fin de la grossesse. Le compte à rebours est lancé : plus qu’une semaine avant le terme, et éventuellement 6 jours de rab grand max si cette petite demoiselle ne se montre pas avant. Bref, c’est pour bientôt ! Et je ne réalise toujours pas qu’il va y avoir quelqu’un dans les petits vêtements lavés et pliés, ni dans le petit berceau en carton qui a fini par arriver à bon port.

Fin de grossesse, derniers préparatifs

Le coupe-tif, l’épil-foufoune, le massage californien offert par ma frangine à noël dernier, c’est fait ! La maison n’a jamais été aussi propre. J’ai même fait des rhums arrangés que je pourrai déguster dans quelques mois (oui, j’ai des occupations de femme enceinte, très saines et tout à fait appropriées !).  Je crois que nous sommes prêts : l’avantage de faire un gosse après tous les autres, c’est qu’on te donne plein de choses. Pour l’instant, l’équipement en matos de puériculture nous a coûté plus cher en bouffe et en pinard qu’en tickets de carte bleue chez Aubert ! Quand on te file une poussette à 600 balles, ça vaut bien une bouteille de côte-rôtie, non ?!

Coté régime, si je maintiens une alimentation équilibrée au quotidien, il m’arrive de craquer pour quelques douceurs. Cette semaine, je me suis délectée d’une gaufre au nutella (et c’était juste…trop bon !). Les six mois de régime ont payé puisque j’arrive en fin de grossesse avec 4 à 5 kg supplémentaires. Personne ne me croit lorsque je dis être à 9 mois de grossesse. L’autre jour, à la pharmacie, on m’a demandé quand est-ce que j’avais accouché !! Donc une toute petite gaufre au nutella, ça ne pouvait pas me faire de mal, non ?

Je pensais vivre ces prochains jours paisiblement, en alternant siestes (indispensables pour compenser les nuits d’insomnie), petites promenades, netflix, séances papotage au café du coin et lectures…et puis j’ai appris une bien triste nouvelle.

Mauvaise nouvelle, confusion

Nous sommes trois amies à nous suivre depuis nos années de lycée : Mary, Pâquerette et Tidoum.

Mary et Tidoum ont arrêté la pilule quasi en même temps, à l’été 2013. Lorsque Mary a annoncé qu’elle était enceinte, Tidoum s’est sentie heureuse pour son amie. Tout en ressentant un léger petit pincement au coeur, bien vite balayé par l’idée que la prochaine fois, ce serait son tour. Bien évidemment, ça ne s’est pas passé comme ça. Tandis que le ventre de Mary s’arrondissait sérieusement, Pâquerette s’est décidée à retirer son stérilet et bâm ! En fait, Pâquerette fait partie de la caste des C1…celles qui nous donnent du fil à retordre par ici…celles pour qui cela semble tellement facile et provoquent pour ma part, un fort sentiment de jalousie (et ce n’est jamais très agréable d’avouer qu’on se sent jaloux).

L’enfant de Mary est né à la toute fin de l’été 2014. Je lui ai offert une belle boîte à musique en forme de chouette, qui s’accroche aux barreaux du lit et diffuse « Imagine » de John Lennon ! L’enfant de Pâquerette est arrivé pendant l’hiver 2015, alors que nous étions en plein bilan d’infertilité. Je me suis trouvée incapable d’éprouver de la joie et je n’ai pas offert de cadeau pour la naissance.  J’étais trop dévastée par ce qui nous tombait dessus. Un mois après, j’ai tout de même fini par appeler mon amie Pâquerette (qui habite à 600 bornes de chez moi) pour prendre des nouvelles. La conversation était des plus ubuesque. Elle était en pleine déprime post-partum et moi, en pleine déprime post-annonce de l’infertilité. Je trouvais qu’elle avait bien de la chance d’avoir son bébé. Mes histoires d’infertilité ne semblaient pas rencontrer beaucoup d’empathie et je me suis prise de belles RALC dans la gueule. Et j’étais jalouse comme un poux.

Je crois qu’à ce moment là, il était impossible de nous comprendre. Nous vivions des choses trop différentes  chacune à un bout de la France. Pas ou peu de contact pendant près d’un an. Puis Pâquerette a finit par se manifester et nous avons pu parler. Cela a débloqué la situation (merci à elle).  J’ai accepté de passer à autre chose. Il faut dire que pendant tout ce temps, j’avais fait un gros travail sur moi pour arrêter de me comparer aux autres et accepter de vivre un chemin différent et plus tortueux vers la parentalité. J’ai essayé de comprendre la colère et la tristesse qui se nichaient en moi. J’ai trouvé du soutien autrement. A défaut de monter dans le train, j’ai tracé ma route.

La suite, vous la connaissez : la Pma, la Fiv icsi, un premier transfert qui s’est terminé par une fausse couche, et un deuxième transfert de la win en janvier dernier. Depuis, Mary et Pâquerette m’ont annoncé chacune l’arrivée d’un deuxième enfant dans leur vie.

Pour la première tournée, DN ne s’était pas montrée généreuse avec moi. Voilà que pour la deuxième, l’horizon virait au beau fixe !! Cela amusait d’ailleurs beaucoup monsieur Tidoum qui me lançait « ah, tu vois, tu es enceinte en même temps que tes copines. Je suis content pour toi. » L’enfant de Pâquerette était prévu pour le 17 octobre, le mien pour le 21 et celui de Mary, le 18 novembre. En l’espace d’un mois, nous allions chacune accueillir nos bébés. Là aussi, vous l’aurez compris, ça ne s’est pas passé comme ça.

Avant-hier, Mary me demande de venir chez elle. Sa voix est grave, le ton est solennel. Inquiète, je me pointe chez elle en début d’après-midi:

« bon alors, qu’est-ce qu’il se passe? « 

« Moi, ça va, c’est Pâquerette, qu’elle me dit, elle a perdu son petit garçon. Il est né hier et n’a jamais pu respirer. »

Le choc.

Les larmes.

L’empathie.

Et l’angoisse qui monte.

J’en ai marre des trains qui déraillent.

Au delà de l’immense tristesse que je ressens à l’égard de ce couple d’amis et pour leur petit bonhomme, tout ceci est vraiment troublant. Passé le choc de la nouvelle, et à une semaine du terme, je ne veux pas céder à la peur. Mais je flippe pour mon bébé. Ce matin, tandis que je lui expliquais pourquoi sa maman se sentait triste, elle s’est mise à bouger. Quel soulagement. Dès que je ne la sens plus bouger,  je recommence à flipper. Jusqu’à ce qu’elle bouge à nouveau.

Si je vous en parle ce soir, c’est parce que j’ai besoin d’extérioriser cette peur. Je ne veux pas psychoter en bout de course. J’ai besoin de conserver un minimum de force et d’énergie pour bien vivre l’arrivée de ma fille et la mettre au monde. Sans culpabiliser si elle est en bonne santé, ni flipper à outrance de peur qu’elle ne pousse pas son premier cri. En même temps, je pense sans cesse à Pâquerette et à ce qu’elle endure en ce moment. Au fait qu’elle va enterrer son petit garçon très probablement au même moment que le terme théorique de ma grossesse. Bref, tout ça se mélange dans ma tête et m’angoisse.

Rien que de l’écrire, ça m’aide à y voir plus clair. Cela m’apaise. Il n’ y pas grand chose que je puisse faire dans l’immédiat pour aider Pâquerette si ce n’est lui témoigner mon amitié. Et continuer à me concentrer sur l’arrivée imminente de la crevette pour laquelle j’ai besoin de toutes mes forces.

Ouais, on va faire comme ça…pour la suite, on verra.

 

 

Quelques nouvelles et autres réflexions en vrac

La deuxième partie de grossesse se passe bien, moralement je veux dire. Parce que matériellement, nous ne sommes pas prêts du tout : pas de poussette, le berceau en carton n’est pas encore arrivé, et le trousseau de la petite se résume pour le moment  à deux bodys, un pyjama et un doudou !  Mais nous avons fait du tri (vous savez, la fameuse deuxième chambre, qui devient une sorte de pièce à bordel avec tout ce qu’on ne sait pas trop où caser ailleurs dans la maison), des petits travaux qui étaient restés en suspens, vidé et rangé intégralement notre cave. Bref, on a quand même bossé comme des dingues. Et présentement, tandis que j’écris, monsieur Tidoum est en train de monter une petite commode pour ranger les bodys qu’il va falloir acquérir sans tarder, et je l’entends pester parce qu’évidemment, il manque une visse !!

A ce stade, je peux vous dire que la grossesse contribue fortement à l’atomisation sans somation de quelques neurones. Vous avez bien raison de détester les femmes enceintes parce qu’il faut bien avouer que ça rend un peu noeud-noeud. Pour exemple, j’ai tout simplement zappé mon écho du 3e trimestre…oui oui, celle qui est obligatoire ! Il faut dire que j’avais noté le jeudi 24 à 11h10…et c’était en réalité le jeudi 17 août à 10h (allez comprendre…???).

J’ai finalement pu faire cette écho à un autre moment, et tout va bien. La petite crevette n’est pas un gros bébé, elle a la tête en bas…et moi, hormis un sommeil toujours aussi pourri, je vais bien. Pas de tension, col bien fermé (un petit trifouillage chatounesque de la part d’un médecin, ça me manquait presque di-don !!) et seulement quatre kilos de plus (et une envie de gâteau au chocolat maison qui grandit de jour en jour).

J’ai toujours imaginé, compte tenu de ma morphologie, que j’aurais un ventre énoooooorme et des cuisses dodues !! Mais non, point du tout. Je m’arrondis  très discrètement. En privé, devant le miroir de la salle de bain, j’aime bien regarder mon bidon (qui a quand même un peu grossi) et le reste de ma silhouette (qui a fondu). Mais en public, je n’oublie pas que ce petit ventre rond est susceptible de blesser une femme au ventre vide.

Après nos séances d’Hapto, nous avons pris l’habitude d’aller manger une petite salade en terrasse. La dernière fois, une dame assise à coté de nous a fixé mon ventre au moment où je m’asseyais. Plus tard, pendant le déjeuner, je l’ai entendu parlé de ses enfants et m’en suis trouvée grandement soulagée. Sur chaque visage féminin, je projette une PMette potentielle.

Une de mes copines, une fille adorable, diagnostiquée OMPK, a eu la chance de se découvrir enceinte juste avant de démarrer sa première stimulation et au même moment que moi.  Par conséquent, elle a échappé aux affres de la PMA et porte aujourd’hui un T-Shirt où il est écrit « en construction »… autant vous dire que non, impossible pour moi d’imaginer porter ce genre de vêtement.

Il m’arrive régulièrement de penser à notre parcours. Monsieur Tidoum m’a confié l’autre jour « tu te rends compte…par quoi on est passé ?! » Il m’arrive de pleurer quand je pense à ces années d’infertilité, à la douleur que j’éprouvais de voir toutes mes amies et cousines enceintes les unes après les autres. Je considère tout cela avec un peu plus de recul maintenant. Et je suis abasourdie de constater à quel point tout ceci a été dur à vivre.

Bien sûr, quand on a la chance que ça marche, certaines situations deviennent moins douloureuses (les balades au parc, les annonces de grossesse, les discussions entre meufs de 30-40 ans etc.), certaines angoisses s’apaisent. Mais il reste les souvenirs de ce qu’on a vécu, il reste l’empathie pour les autres et pour soi, il reste des points douloureux qui ne s’effacent pas.

Je pense par exemple au moment de l’annonce de l’infertilité. A tout ce qui a suivi. A comment, un mois après,  je me suis bêtement fracturée le petit orteil contre un angle de mur à la maison (c’est pas grave mais ça fait hyper mal), à comment monsieur Tidoum a fait une chute en scooter peu après (sans gravité heureusement)…oui oui, je crois qu’on avait du mal à rester debout.

Je pense à nos vacances au pays Basque, pendant lesquelles nous avions appris la naissance de la fille du meilleur ami de monsieur Tidoum. A quel point j’étais dévastée. Aujourd’hui encore, je n’ai jamais vu leur fille. J’ai fait un blocage total. J’ai accepté que monsieur Tidoum les invite à la maison dans deux semaines. Sans aucune joie. Mais pour faire plaisir à mon homme pour qui c’est tellement important. Moi j’avoue que j’ai un peu de mal avec le coté « on a pas donné signe de vie pendant deux ans et maintenant que vous allez être parents, c’est bon, on peut passer à autre chose « !! Ben non…ça ne marche pas comme ça. Bref,  on verra bien…

Je pense à toutes ces remarques à la con, à tous ces moments de solitude et de larmes. Je me rends compte à quel point je me suis isolée. Et quelle énergie il a fallu pour continuer à essayer de vivre tant bien que mal…

Je pense avec tristesse à notre couple si souvent malmené. Et je culpabilise beaucoup d’avoir laissé place à tant de colère, de n’avoir pas su mieux soutenir mon compagnon. Je trouve qu’il a fait face de manière beaucoup plus adulte que moi, qu’il s’est montré bien plus solidaire quand moi, j’avais envie d’envoyer tout valdinguer et que notre situation m’étouffait. A la question, notre couple aurait-il tenu le coup face à l’accumulation des échecs voire en l’absence totale de grossesse au bout du bout ?…et bien, je n’ai pas de réponse.  « Quand vous annoncez aux deux personnes en même temps qu’elles ont un cancer chacune, comment voulez-vous que le couple aille bien ? » m’a dit la Psy. Et je dois bien admettre que sa remarque fait sens.

Je pense aussi aux rencontres, virtuelles ou réelles, à ce blog qui a été une bouffée d’air frais, une occupation un peu addictive mais tellement salutaire, à celles qui sont devenues des amies, des soutiens pendant tout ce parcours. Je pense à tout ce travail psychologique, ce déblayage que j’ai dû faire chez ma psy, parce que c’était ça ou sombrer. Et combien tout ceci me paraît précieux aujourd’hui et me permet de mesurer la chance qui m’est offerte.

L’haptonomie est finalement une suite logique de la Pma. Quand on a la chance que ça marche, quand on a fait tout ce parcours de galériens en étant bien conscient de le faire à deux, l’haptonomie est une méthode de communication et de préparation à l’accouchement qui se vit à deux également et qui donne toute sa place aux deux parents.

Petite anecdote : lors du premier rendez-vous, Claudine (la sage-femme) a évoqué la contraception après la naissance, ce qui m’a un peu gonflé. Nous avions alors acquiescé en disant que oui-oui, nous allions y réfléchir. Et voilà  une semaine ou deux,  nous avons décidé que non, pas de contraception parce qu’il y avait quand même très peu de chance qu’une grossesse arrive naturellement. Et quand bien même…nous aurions alors deux enfants. Ce qui me fait dire que malgré tout, le rêve du gertrudage reste toujours présent…

Bon, je vous laisse : monsieur Tidoum a retrouvé la visse et je vais aller voir à quoi ressemble cette commode !

Bisous, prenez soin de vous, toujours et en toute circonstance.

Aujourd’hui, ça va bien…

Voilà un petit moment que je ne suis pas venue écrire par ici. Et pourtant, j’en ai rédigé plein des débuts d’articles dans ma tête…

La réalité, c’est que tu as beau attendre depuis quatre ans, quand l’arrivée de l’enfant se précise, c’est une sacrée avalanche d’émotions en tout genre !!! Je réalise combien je suis chanceuse de n’avoir pas trop traînée dans les couloirs de la Pma (deux ans environ). Mais objectivement, et grâce à l’aide de ma psy, j’ai fini par m’autoriser à me plaindre un peu et à admettre que non, je n’ai pas vécu ce début de grossesse de manière sereine, prise dans l’ombre de la Pma, la peur d’une autre fausse couche et l’annonce du diabète gestationnel.

A cela sont venues s’ajouter des tensions et de grosses engueulades entre monsieur et moi. Plusieurs fois, j’ai eu envie de me barrer. J’ai souvent pleuré. Il y a eu plusieurs dodos sur canapé et des portes claquées. Incompréhensions, peurs, difficulté de communication, différences fondamentales entre les besoins de l’un et de l’autre. Pour nous, l’infertilité, puis le passage vers la fertilité n’aura pas été un long fleuve tranquille. J’ignore à ce jour, si cette traversée aura renforcée les liens du couple, comme ce que je peux lire souvent sur les blogs dédiés à la Pma. Ce que je constate, c’est que nous sommes deux angoissés ( et ultra émotive pour ma part) et que nous avons parfois du mal à communiquer sereinement. D’où les portes claquées et les dodos sur canapé…

Pile à ce moment là,  Monsieur Tidoum s’est mis à s’ investir avec frénésie dans bon nombres d’activités (campagne présidentielle, puis les législatives, aviron, sorties entre potes jusqu’à des heures tardives ou matinales devrais-je dire, en plus de son boulot en horaires décalés et de ses activités habituelles) De mon coté, j’ai passé de nombreuses soirées en solo, je lui en ai beaucoup voulu et je ne me suis jamais sentie aussi seule. Au milieu de tout ça, nous avons quand même réussi à caler les premières séances d’haptonomie avec Claudine, notre super sage-femme ! Que j’ai eu envie de serrer dans mes bras lorsque après avoir pris le temps d’écouter nos inquiétudes et nos difficultés, elle a dit clairement qu’une femme enceinte a besoin de la présence de son compagnon, et d’autant plus spécifiquement à ce moment particulier de la vie.

Je passe sur la culpabilité due à cette impression qu’enceinte, et après des années d’infertilité, je n’arrivais même pas à me sentir heureuse…tout simplement.

La psy m’a aidé à décortiquer les choses. Ma mère m’a demandé expressément de ne pas prendre de décision hâtive dans un moment aussi délicat. Je me suis bottée les fesses pour sortir de ma solitude, voir du monde, continuer à travailler alors que mon esprit était perdu au beau milieu de nulle part.

Et puis, au bout de quatre mois de grossesse, j’ai commencé à sentir ma petite crevette bouger à l’intérieur de moi. Comme des petites bulles qui éclatent à la surface du ventre. Puis, comme un petit poisson qui ferait des tours dans son bocal en donnant de petits coups au passage ! Là, je n’ai plus regretté les dizaines de piqûres, les centaines de cachets, ni les haricots verts vapeur. Deux semaines après,  Monsieur Tidoum l’a senti lui aussi.

Est arrivée l’échographie morphologique du 15 juin, qui a marqué LE véritable tournant dans la grossesse. J’avais besoin de voir mon bébé sur écran. De savoir qu’il allait bien. Je me suis sentie un peu plus soulagée à chaque passage en revue de tel ou tel organe. Main dans la main, les yeux rivés sur l’écran, notre sage-femme échographiste nous a révélé le sexe de notre bébé…une petite fille. Joie intense. Sourire niais. Je me suis rendue compte que les larmes coulaient sur mes joues.

Nous sommes ravis. Monsieur Tidoum avait très envie que ce soit une petite fille. Et moi, je m’en fichais. Je voulais surtout que mon bébé se porte bien et selon que je croisais des petits garçons ou petites filles, mon coeur balançait de l’un à l’autre. Autant vous dire que ça changeait toutes les semaines ! La veille de l’échographie, j’ai pris un café avec une copine PMette et sa petite de six mois.  Lorsque la môme m’a fait un adorable câlin, je me suis dis : « ah nan, mais vraiment, une fille, c’est trop mignon » ! Me voilà comblée !

On ne parle plus d’embryon, de blasto ou de fœtus mais d’une toute petite fille de 500 gr et de 28 cm (probablement pas loin d’1Kg aujourd’hui et plus de 30 cm..) très tonique parait-il. Ce qui nous permet enfin de nous projeter sereinement. Depuis l’écho, les choses se sont apaisées entre nous. Les élections sont passées (ouf !), monsieur Tidoum a retrouvé un rythme plus compatible avec la vie de couple. Et fait désormais preuve de beaucoup d’attentions. Je suis plus zen, moins agressive. La communication et l’envie de passer des bons moments ensemble ont pris la place des tensions et angoisses des premiers mois.

Il arrive qu’on me dise : « ah tu verras, la grossesse, c’est ultra médicalisé. »  Certes, j’ai la chance de connaître une grossesse sans complication. Ce qui fait que pour le moment, je ne partage pas tellement cette impression de l’hyper-médicalisation. Pour nous, la conception l’aura été encore plus. Quelques échographies (même pas vaginales !), des cachets de vitamines, une prise de sang et un test pipi par mois, je trouve ça franchement cool pour l’instant !!!

J’ai mal au dos (pas étonnant avec la paire de nichons que j’ai à trimballer), ne dors pas toujours très bien et je me pique toujours le bout du doigt six fois par jour pour mesurer ma glycémie. Le régime alimentaire n’est pas toujours très marrant (se priver de manger des trucs bons, c’est chiant) mais ce n’est plus un calvaire. Je l’ai intégré et je fais au mieux. Résultat : à quasi 6 mois de grossesse révolus, j’ai pris entre deux et trois kilos dont un peu de ventre et beaucoup de sein. En d’autre terme, je maigris !

Pour le reste, tout va bien.

L’autre jour, j’ai craqué…quatre ans que je me retiens de le faire. Quatre ans que je ne le fais que pour les autres (et même ça, j’avais fini par arrêter). Je lui ai acheté son premier doudou, un petit lapin blanc tout doux.

Pour ma fille.

 

Officiellement Pregnant Bitch, momentanément Diabétique et éternellement Pmette

Tous les jours, je prends le temps de vous lire et de vous accompagner en pensée ou en petit commentaire. Mais ça fait un moment que je n’ai pas donné de nouvelles. Pourtant, il s’en est passé des choses…

L’écho « officielle »

Depuis quelques semaines, nous savions qu’un petit coeur battait et qu’à priori, tout semblait bien parti. Pour mon premier début de grossesse six mois auparavant, j’étais persuadée que tout se passerait bien à partir du moment où il y avait une accroche. La suite de l’histoire a montré le contraire et a eu raison de ma sérénité. Pour cette deuxième grossesse, impossible d’être complètement zen malgré une écho en urgence et une écho de datation qui confirmaient un début prometteur.

C’est donc avec un certain détachement, une certaine réserve et un psychisme ayant intégré que tout peut basculer d’un instant à l’autre (mais aussi beaucoup d’espoir), que j’ai patienté jusqu’à la fameuse écho officielle, celle du premier trimestre.

Qui a fini par arriver le 6 avril dernier. Cette écho signifie beaucoup de choses : on peut en parler ouvertement à notre entourage, on peut commencer à se projeter, on envoie les papiers auprès de sa caisse d’assurance maladie etc. Ça devient « officiel » et ce petit être en fabrication entame déjà sa vie sociale !

Et surtout, c’est un doux moment. Monsieur Tidoum, à chaque fois, c’est le cœur qui l’impressionne ! Pour ma part, quelle émotion de voir ses petites mains et ses petites jambes. Clarté nucale très bonne, il mesurait à ce moment précis 6,5 cm de la tête aux fesses et gigotait dans tous les sens…Il va bien. Soulagement

Puis nous sommes sortis du cabinet de radiologie pour nous poser…sur un banc ! Vieille habitude de Pma : Après chaque rdv, trouver un banc pour se rassembler après toutes ces émotions !

La vie en rose (bonbon) : ah non !

Longtemps je me suis couchée de bonne heure….euh non, c’est pas ça même si depuis trois-quatre mois, je me couche effectivement de bonne heure car mon autonomie en énergie ne me permet pas de veiller bien tard. Je reprends : longtemps, ma boite à aiguilles a traîné dans la salle de bain, avant de considérer que je n’en aurais plus besoin et me décider à la rapporter à la pharmacie.

Soulagement de courte durée, puisqu ‘une semaine après l’écho trimestrielle, je reçois le coup de fil d’une sage-femme de la mater pour m’annoncer que mon taux de glycémie dans le sang est trop élevé. Fuck !

On me colle une demi-journée d’hospitalisation. Au programme : rdv avec une diététicienne, dosage du sucre dans les urines et apprendre à me servir d’un petit appareil pour mesurer la glycémie avant et après chaque repas.

Mardi dernier, j’ai donc passé une grosse partie de la journée à l’hôpital. Et oh surprise, devinez quoi : ma voisine de chambre s’est trouvée être une pmette, comme moi ! Autant vous dire qu’on a vite sympathisé et qu’on avait plein de choses à se raconter. Nous sommes partout, j’vous l’dis !!!

Pour l’instant, je dois « simplement » surveiller mon alimentation (pas de sucre, ni de gras) et contrôler ma glycémie. Me voilà donc repartie pour une série de pic-pics. Six fois par jour, je me pique le bout du doigt à l’aide d’un petit stylo puis je recueille une goutte de sang sur une bandelette, elle-même introduite dans un petit appareil qui garde en mémoire tous mes résultats. Il y a donc à nouveau une boite à aiguilles dans la salle de bain.

Surveiller mon alimentation s’apparente en fait à ce que je ferais dans le cadre d’un régime pour perdre du poids : protéines, légumes ou crudités, féculent (sucres lents), laitage et fruit à tous les repas. En collation, un yaourt et/ou une tranche de pain (complet de préférence). Surtout pas de fruit entre les repas (ce que j’avais justement tendance à faire pour éviter de prendre du poids). Ces contraintes alimentaires, s’ajoutant bien sûr, à celles, habituelles de la femme enceinte.

J’essaie de voir le coté positif des choses : comme j’entre dans la catégorie des grossesses pathologiques, je vais avoir un suivi plus régulier et donc plus d’écho (j’en ai eu une mardi) Et je n’aurais pas trop de poids à perdre après la naissance de la crevette. Peut-être même, serais-je plus mince qu’avant ?

Rien de sorcier me direz-vous…et c’est de toute façon, nécessaire pour ma santé et celle du petit. Il n’y a donc pas à sourciller. Rationnellement, ce n’est pas dramatique. Mais moralement, j’accuse un peu moins bien le coup. Si je l’ai bien pris au départ,  j’ai eu un contre-coup au bout de quelques jours.  Mercredi matin, grosse chialade avec cette impression de n’être jamais tranquille. Bref pas trop le moral mais je suppose que j’ai juste besoin d’un peu de temps pour m’y faire.

Bon, objectivement à l’échelle du monde délicieux de la Pma, on peut dire que j’ai beaucoup de chance. Et j’en prends toute la mesure. Mais à l’échelle de la reproduction humaine en générale, j’ai l’impression de cumuler les « pas de bol. » Décidément, il est plus facile de faire des bébés pour certain que pour d’autres. C’est comme ça.

 

Pmette un jour, pmette toujours

Je ne sais pas comment ça se passe pour les autres, les normalement fertiles. Par ici, c’est très étrange après quasi quatre ans d’attente, de passer de l’autre coté. Dans le monde des fertiles. Je me sens différente, je me sens obligée de préciser à chaque annonce, à chaque rendez-vous médical, que nous sommes d’autant plus contents qu’on a galéré pour en arriver jusque là.

L’univers de la Pma est très bienveillant. Que ce soit à l’hôpital, ou sur la blogo. J’ai toujours ressenti beaucoup d’empathie, de souci de l’autre, de soutien. C’est une sorte de cocon. Et bizarrement, bien qu’on ai rêvé de quitter ce monde là, on se sent un peu perdu en empruntant le chemin de la fertilité.

J’ai du mal à me défaire de certains réflexes acquis au cours de ces années d’incertitude et de frustration. Par exemple, dans la salle d’attente de la maternité, je me suis surprise à dévisager une femme avec un gros bide. Et de me dire » arrête de la regarder de travers, Tidoum, tu es dans une maternité, tu vas en croiser plein des femmes enceintes…et d’ailleurs tu seras comme ça, dans quelques mois « !!

Autre exemple : deux de mes amies m’ont annoncé leur deuxième grossesse. Bien sûr, c’est une joie pour elles, pour moi…mais je ressens comme un petit fond de jalousie. Genre, on a en vie d’un petit deuxième et paf, polichinelle dans le tiroir !!!  Ma copine A., maman de trois bébés éprouvettes, m’a dit ressentir ce même sentiment à chaque annonce autour d’elle. Et pourtant, son besoin de materner est aujourd’hui plus que comblé !

Je continue à trimballer mon dossier Pma à tous mes rendez-vous. Ma voisine de chambre de mardi dernier m’a confié le faire elle aussi, à 6 mois de grossesse !

Pour finir, voici ce que m’a raconté une laborantine, là où j’ai l’habitude de faire mes analyses sanguines. Je l’avais rencontré en septembre. C’est elle qui m’avait fait un des dosages de Bhcg et nous avions alors échangé quelques mots. Elle m’avait confié avoir eu des jumelles grâce à une Fiv.

Voilà que je tombe sur elle il y a deux semaines pour un prélèvement sanguin. Comme je suis physionomiste, je la branche illico sur nos parcours communs. Et là, elle me dit, avec beaucoup d’émotions, que même vingt ans après, elle et son mari en parlent beaucoup autour d’eux. Et que son mari a encore les larmes aux yeux lorsqu’il évoque le sujet. Et que décidément, les gens qui n’ont pas de problème pour faire des enfants, ne peuvent pas comprendre tout ce que cela représente. C’est con, mais ça m’a fait du bien… probablement de sentir que je suis normalement différente !

Et puis, que vous dire…? Ah si, mon médecin de Pma m’a adressé un courrier dont la lecture m’a fait fondre en larmes : « c’est avec grand plaisir que j’ai pris connaissance de votre écho du 6 mars dernier […]j’espère que votre grossesse évoluera favorablement et vous remercie de me tenir au courant de son issue… » C’est pourtant un courrier type mais je trouve que cela reflète la manière de travailler de l’équipe qui nous a suivi, compétences médicales et humaines réunies.  Et cela crée chez moi, beaucoup d’émotions !

Pleine d’ambivalences, une hypersensibilité au taquet, une grossesse qui se passe plutôt bien malgré ce foutu diabète gestationnel et le souhait, plus fort que jamais, de vous voir monter dans le train.

Bon courage à celles qui arrivent tout juste sur le quai, bon courage à celles d’entre vous qui attendent des résultats ou qui sont en plein protocole, bon courage à celles qui sont dans la peine ou le doute.

A bientôt…

Histoires de clichés

Samedi 25 février soit la veille de notre départ en vacances : grosse frayeur.

Vers 17h, je découvre des pertes maronnasses dégueulasses au fond de ma culotte. Une heure après, nous voilà aux urgence gynéco. Pendant le trajet et le temps d’attente -fort court heureusement- tout le scénario du mois d’octobre dernier défile dans ma tête.  Les larmes et le stress montent montent montent tandis que je me répète en boucle : « non, pas deux fois, non… c’est pas possible…cette fois, je ne pourrais jamais m’en remettre…pas deux fois. »

« Vous entendez ? Vous entendez ? » répète plusieurs fois la gynéco des urgences, » ce sont ses battements de coeur ! Tout va bien. »

Alors, je tourne la tête en direction de l’écran. Une échographie-la toute première- a permis de dissiper le doute : un petite crevette de 10,4 mm est bien tapie au creux de moi. Et cette fois, la crevette a un coeur qui bat…♥♥♥

Elle nous confirme que nous avons bien fait de venir, surtout après notre parcours et ne serait-ce que pour s’assurer de ce « tout va bien. »

Pour finir, elle met dans les mains de monsieur Tidoum, resté en retrait à cause de l’exiguïté des locaux, deux clichés de la crevette ! Sympa  la doc !

En sortant, monsieur Tidoum m’avoue n’avoir pas bien compris les images qu’il avait sous les yeux…on rigole en essayant de savoir de qui ce petit est le portrait craché ! Au final, monsieur Tidoum trouve que pour le moment, c’est plutôt un portrait « crashé » !!! Et c’est vrai qu’on ne voit pas grand chose !

 

Dimanche 26 février : départ à 4h30 pour l’aéroport. Quatre jours à Venise…sereins mais complètement crevés.  Monsieur Tidoum est un peu malade et me tousse dans les oreilles plusieurs nuits d’affilée (ce qui me donne envie de l’étriper). Certaines attitudes désagréables de nos congénères français nous surprennent (« il est beau ce palais…dommage qu’ils  l’aient pas repeint » ! Vieille bique, va !) Déambulations dans cette ville magnifique, restos à deux au soleil au bord de l’eau, flâneries le long d’un petit canal ou sous les cordes de linge qui sèche en plein vent, beignets et autres gourmandise du carnaval grignotées sur un banc en plein milieu d’un campo animé… le pied !

 

Lundi 6 mars : L’écho des six semaines.

Après avoir emprunté l’ascenseur orange du grand hôpital deux ou trois bonnes dizaines de fois, nous voici dans la salle d’attente orange de la maternité. C’est bizarre d’être là…

L’échographiste nous reçoit.  Tandis que je m’apprête à retirer ma culotte et à me retrouver cul-nu pour une bonne veille échochatte, elle m’arrête pour tenter une échographie sur le ventre avec du gel…truc de dingue !

La crevette a presque doublé de taille et son petit coeur bat la chamade. Le nôtre aussi. Cette fois-ci, monsieur Tidoum semble parfaitement en phase avec ce qu’il voit en direct sur l’écran.

Et là, grande démonstration de l’échographiste-gynécologue : « Vous avez vu ? Là, il a bougé !! Bon…je rembobine…tenez là ! Il remue son popotin. Et oui, parce que là, vous voyez, c’est son cul-cul !!! » Cette « gygy » est vraisemblablement adepte du doublement syllabique. Nous moins. Mais en fait, c’est un peu comme les palais pas repeints de Venise, on s’en fout !

Parce que pour l’instant, tout va bien. Il s’agit d’une grossesse intra-utérine évolutive.

 

Ce soir, je me sens un peu comme l’heureuse participante d’un « jeu télévisé » ou seules les bonnes réponses donnent la possibilité de rester dans la partie. Autrement, on se fait dégager illico. Pour l’instant, j’ai répondu tout juste et j’ai le droit de doubler la mise. Six semaines de grossesse. Prochaine étape dans six semaines pour l’écho des trois mois.

Pas très glamour cette façon de décrire la situation. Et effectivement, c’est bien loin de l’idée que je me faisais d’un début de grossesse. Mais avec la Pma, l’attente qui se compte en années et les difficultés liées au « statut d’infertile », le glam et l’émerveillement ont disparus depuis un bout de temps.

Et puis, malgré mon envie de roupiller toute la journée et quelques haut-le-cœur, tout ça paraît tellement irréel.

Cette notion du « tout peut basculer en quelques secondes » est-elle toujours aussi présente pendant la grossesse ?  Est-ce spécifique aux Pmettes ?  Ou c’est pareil chez les PB ?

 

Les perles#5

Ou quand calcul et stratégie ne sont pas les points forts de Tidoum !

Afin de tromper l’attente, afin de pouvoir se projeter dans quelque chose de positif et de motivant qui soit autre chose qu’un résultat en Pma, afin de focaliser mon esprit sur autre chose, afin de s’offrir un peu de bien-être à deux coupés de notre quotidien, j’ai proposé à monsieur Tidoum de faire un petit voyage en amoureux. C’était en plein mes Dpo.

Pour nous, trouver plusieurs jours de repos consécutifs en commun, c’est un peu comme la la période d’ovulation ou pire, la fenêtre d’implantation pour un embryon : faut pas se rater et quand c’est le moment, faut y aller !

Nous hésitions donc entre fin février et début avril. Et puis, l’envie de vivre un moment excitant, d’oublier un peu cette fin d’année pourrie, et pour se remettre de nos émotions quelle que soit l’issue de ce Tec, on a décidé de partir fin février.

Je réserve donc deux billets d’avion et des nuits d’hôtel. Je fais chauffer la carte bleue ! A la fin du mois, nous partons…à Venise !!!! Ouais, je sais, c’est kitsch mais on kiffe trop cette ville. Nous y sommes allés l’année dernière au mois de mars et c’était top. Et quand on est un peu curieux et qu’on s’éloigne des axes principaux, on peut déambuler dans cette ville fabuleuse tout fait tranquillement. Surtout en cette saison.

Rien de tel qu’un peu de bon temps avant la première écho que nous redoutons.

Bien joué Tidoum !

Et puis, d’un coup, je doute !

Je vérifie les dates : ça tombe en plein carnaval !!!  Va falloir jouer des coudes ! Emportée par l’enthousiasme de ce projet, j’ai complètement zappé la réalité du calendrier. C’est une des périodes les plus chargée de l’année.

Bien joué Tidoum !

Monsieur Tidoum m’en a un peu voulu. Et puis finalement, on s’est dit que bon, quand même, il y a pire que de partir à Venise et qu’on verrait bien ! Je n’ai pas prévu d’assurance annulation de toute façon !

 

 

L’attente peureuse

Vous avez remarqué ? Dans le mot « peureuse », il y a peur et heureuse. Ce qui résume assez bien mon état d’esprit du moment. c’est une attente p(h)eureuse !

Ce début de grossesse est une joie, c’est certain. Monsieur Tidoum et moi en ressentons tous les effets positifs. C’est comme si un rayon de soleil avait fait son entrée dans notre quotidien. Les choses paraissent plus légères, l’horizon se dégage et on prend du bon temps. Moments de complicité entre nous et nos rires résonnent souvent dans l’appart.

En même temps, le spectre de la première échographie nous défie. On y pense, forcément. On se rassure en se disant que la même histoire ne peut pas se reproduire deux fois de suite. Mais on sait que ça peut arriver. C’est la vie. On l’accepte. On est prudent. Nos amis sont au courant (enfin, surtout les miens, hihi !) mais toujours pas la famille. On attendra, on se protège.

Le seuil des quatre semaines est passé. C’est à ce moment là que le premier têtard avait cessé de grandir. Depuis, je me sens soulagée et plus tranquille. A moins que ce ne soit l’inscription à la maternité …je ne sais plus bien.  L’hosto en question n’a pas traîné à me proposer un premier rdv (pour finaliser l’inscription) et une écho de datation (au cas où j’aurai oublié à quel moment ce petit a été fabriqué…héhé…c’est là qu’on voit bien qu’on vient d’un monde parallèle!).

Bref, tout ça pour dire que ça va plutôt bien et que la première écho a lieu le 6 mars prochain.

 

Tec : deuxième prise de sang

Vendredi matin, pompage de sang n°2 pour vérifier l’évolution du taux de beta Hcg.

D’habitude, je vais au labo entre 7 et 8h du mat’. Cette fois, je me pointe à 9h. Cool, y’ a personne, pas même deux ou trois vieux devant moi pour me mettre en retard au travail (vous savez, le fameux complot de vieux ?!).

Ce jour là, de 9h30 à 15h30, ça été le défilé non-stop au boulot. Clients, anciens stagiaires, coups de fil, tout ce monde là s’est manifesté sans interruption jusqu’en milieu d’après-midi. Ce qui m’a bien occupé, tant mieux !

Ensuite, j’ai commencé à flipper et à perdre la raison… d’habitude, les résultats sont disponibles sur internet entre 14 et 15h et sont transmis au service Pma où une sage-femme m’appelle dans la foulée pour m’indiquer la marche à suivre. A 16h, toujours rien…nada !  Je me raisonne en me disant qu’étant donné l’heure tardive de ma prise de sang, le résultat devrait logiquement arriver plus tard lui aussi. Sauf que passée une certaine heure, les sages femmes n’appellent plus et le secrétariat de mon gynéco est fermé.

J’appelle monsieur Tidoum : il est sur le chemin en direction de mon boulot mais il a crevé à vélo (P… de crotte de bique de sa mère la chauve !). Dans ma tête, je me fixe une dead line : à 17h, si je n’ai aucune nouvelle j’appelle le labo. Parce que j’ai besoin de savoir si je vais passer mon week-end à pleurer ou à me détendre. J’ai besoin de savoir si je dois commander la suite du traitement à la pharmacie. Jusque là, je suis arrivée à gérer l’attente aussi bien que possible, mais là, je sens que je perds pied. Le pire, c’est de ne pas savoir…d’attendre pour rien. J’essaie de me remettre vaguement à bosser, je me mets à chialer et à tourner en rond.

A 16h48…ENFIN…les résultats du labo sont en ligne : 3000 Ui

Je ne réalise même pas ce que ça veut dire tellement je suis stressée, puis je fais mon calcul (le taux doit doubler toutes les 48 heures) euh… c’est bon..je crois..?! Monsieur Tidoum arrive et on se prend dans les bras.

Au final, pas de news de la Pma. Je suppose que j’en aurais lundi et qu’on me proposera une date pour la première écho. Nous sommes contents mais prudents. La dernière fois, on s’est mangé un mur donc voilà une belle étape de franchie mais la route est encore longue.

On a rien dit à nos familles (sauf à ma soeur). Monsieur Tidoum n’a rien dit non plus à ses copains. Tandis que moi, je l’ai dit à toutes mes copines (pour le transfert,  et pour les résultats, à celles que j’ai vu ou eu au téléphone depuis ) !!!

Et puis à vous, bien sûr !

Les mots de soutien

 » Mon petit chou d’embryon azoté, j’espère que tu te réchauffes par ce temps glacial. Reste au chaud, accroche toi, il fait trop froid dehors »

Voici le petit texto de ma soeur envoyé le jour du transfert ! Vous imaginez combien cela m’a boosté le moral !

Alors j’en profite pour vous dire merci, à toutes, pour vos attentions et vos petits mots, qui  m’aident à traverser les épreuves les plus rudes, et donnent plus de saveur aux moments heureux.